Réflexions sur l'universalisme : 2005

Il n'est pas inutile de mentionner que le traité de Moscou de 1963
sur la non-prolifération nucléaire était déjà une parfaite démonstration
de la négation de l'universalisme. Une bande de copains, puissances
nucléaires du temps ou d'un moment, avait ainsi construit tout un traité,
pour interdire aux autres peuples de s'élever à leur niveau, dans la
maîtrise et l'utilisation des matières fissiles.
Tout le débat sur les subventions dans le commerce international
aujourd'hui apporte une autre preuve éclatante de ce que penser en
termes universels, n'en déplaise à la déclaration dite universelle des
droits de l'homme, c'est plonger dans l'infantilisme stratégique, en
ignorant que la loi des intérêts exclut a priori toute programmation
générale entre peuples, nations et Etats de configurations et de
puissances différentes.
Contrairement aux apparences donc, la véritable évolution du
monde, la seule qui soit positive, est celle, réaliste, qui élimine la
théorie d'un seul monde, et valorise une approche pragmatique en
fonction des intérêts et des spécificités.