La pirogue ivre

La pirogue ivre
L'identité se meurt, l'ivresse et la folie semblent désormais être les maîtres mots dans une société en mal de repères. Sunugaal est pris dans le tourbillon d'un modernisme mal, voire sauvagement conduit.
L'hystérie collective ne laisse que peu de place ou n'accorde guère de crédit à ceux qui veulent ramer à contre-courant. Voir et agir autrement que la mouvance le commande devient une attitude rétrograde, contreproductive, voire impertinente.
Elimane Mbengue, enseignant à la retraite, maniaque de l'éducation dans toutes les acceptions du terme, tente vaille que vaille de résister à la furie des vagues destructrices, et de conduire sa « barque » à bon port. Abdoulaye, digne fils de son père, traîne sa lanterne sur sa société et pose un diagnostic détaché, froid, lucide, perspicace et surtout très profond sur le mal qui la ronge. Son éducation est pour lui, un rempart, un bouclier face au péril, cette situation qui frise l'anomie, si ce n'est déjà le cas. Sa culture lui permet un détachement, presque un repli sur soi salutaire face au chaos qui s'intensifie et s'étend. Elle lui permet surtout de questionner l'attitude collective et d'essayer d'en comprendre les ressorts intimes.
La pirogue ivre fait incontestablement l'apologie de l'éducation et de la culture :
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l'éducation qui permet de mettre en cohérence compétence et savoir-être, mais surtout de donner vie et d'entretenir la flamme d'une citoyenneté active,
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la culture qui permet de s'ouvrir à l'autre sans aucun risque d'y perdre de son âme. Culture et éducation, seuls attributs qui permettent à l'individu quelle que soit sa position d'assumer, pleinement et en totalité, ses responsabilités envers lui-même, et envers la société tout entière.