La cuisine et l'autel : les sacrifices en questions dans les sociétés de la Méditerranée ancienne

En 1979, La cuisine du sacrifice en pays grec renouvelait la question du
sacrifice en l'introduisant dans le registre de l'alimentation carnée. En 2005,
La cuisine et l'autel propose une démarche comparative entre sociétés en
contact. L'ouvrage étend les recherches sur le sacrifice à d'autres cultures de
la Méditerranée ancienne, explore les évolutions jusqu'aux premiers siècles du
christianisme, et revisite certaines oppositions admises entre sacrifice sanglant
et offrande végétale, entre sociétés polythéistes et sociétés monothéistes. Le
sacrifice est-il introuvable en Égypte ancienne ? Quelle définition tirer de ses
formes et de ses noms multiples en Grèce ou dans le judaïsme ? À Rome
comme ailleurs, est-ce bien une «destruction» sacrificielle qu'il faut articuler
avec le partage et la convivialité ? Comment dénier la violence du geste sacrificiel
et la voracité des dieux ? Quand et selon quelles étapes l'empire romain
a-t-il progressivement interdit les sacrifices, et qu'est-il resté de ces rites dans
le néoplatonisme, quelle distorsion ont-ils subi avec le christianisme ? Ce sont
quelques-unes des questions que ce livre examine dans le détail des cérémonies
sacrificielles et de leurs transformations, passant de l'hommage à l'aumône,
de la flamme des autels à l'étal des bouchers, de la place que le rite
aménage aux dieux à l'élimination rituelle des déchets consacrés.