J'ai dû chevaucher la tempête : les tribulations d'un bipolaire

«Cette fois-ci, c'est sûr, je vais mourir. Allongé dans ma
baignoire, les pieds attachés avec ma ceinture, agrippé à
mon sèche-cheveux. J'en ai pourtant connu des dépressions.
Des flambées d'exaltation, aussi. Depuis l'adolescence,
m'envoler vers des sommets d'euphorie pour mieux
m'écraser au fond de gouffres de léthargie, ça a été le tempo
de ma vie de maniaco-dépressif, ou de malade "bipolaire",
comme on nous désigne désormais...»
Ainsi commence le récit hallucinant de Yann Layma, l'histoire
d'une vie pas comme les autres, marquée par la folie
bipolaire. De rocambolesques aventures en auto-stop
jusqu'aux grands reportages dans 75 pays, d'un travail
inédit dans l'intimité de Mitterrand à la vie chez les Dong
de Chine, de la découverte de Confucius à la survie sur une
île déserte ou l'expérience sordide du cachot, la vie de Yann
Layma a un arrière-goût de Voyage au bout de l'enfer. Même
si, pour paraphraser Hergé, «pour trouver la voie, il faut
vous couper la tête», Yann Layma n'en a pas pour autant
perdu la raison, comme en atteste ce témoignage inédit,
entre récit d'aventures et combat plein d'espoir contre la
maladie maniaco-dépressive. Un destin hors du commun
qui n'est pas sans rappeler les exploits des grands héros
occidentaux de la littérature ou du cinéma qui se sont eux
aussi perdus en Asie.