Atelier du roman (L'), n° 94. Le triomphe de Thomas Zins de Matthieu Jung : une chute sans fin

Ce grand roman de formation n'est pas que l'histoire d'un individu. C'est l'histoire d'une famille, d'un milieu, de plusieurs milieux, d'un pays et de ses colonies, et c'est l'histoire d'une génération (et même de plusieurs).
Dominique Noguez.
Rarement frontal, jamais « entier », ni dans sa présence ni dans son action, le diable attaque essentiellement en exploitant les failles. La première faille de Thomas tient à son statut d'adolescent.
Romaric Sangars.
Ce dispositif formel instaure un parallèle surprenant entre deux destinées et deux époques très dissemblables : l'on est ainsi invité à se demander ce qui fait sens dans une telle juxtaposition, dans ce singulier contrepoint, au-delà de l'intérêt propre du thème indochinois.
Reynald Lahanque.
Il n'y a pas un passage du Triomphe où je n'ai éprouvé, à l'égard de Thomas, de Céline, de leurs parents, de leurs amis, du grand-père de Thomas torturé en Indochine, mais aussi de Jean-Phi, de ses gitons, de tous ceux qui peuplent l'univers crépusculaire dont Matthieu Jung est le mage, le sentiment que tout était possible.
Florent Georgesco.
Chez Senghor, enfance et paysage font corps, comme chez Durrell vu par Béatrice Commengé dans son remarquable Une vie de paysages.
Boniface Mongo-Mboussa.
La souffrance est une occasion de réinventer le lien social à travers de nouvelles communions, dont la littérature peut être le ciment.
Gaëtan Brulotte.
L'Épistolier d'autrefois de Germont n'est pas un livre éphémère, j'en suis certain, tout en exprimant sur la France d'aujourd'hui quelque chose d'essentiel, même si c'est une réalité douloureuse.
Jean-Yves Masson.
Lorsque j'ai pu me familiariser avec les adaptations cinématographiques des Buddenbrook, dans aucun des cas les cinéastes n'ont été capables de reproduire suffisamment la distance ironique qu'entretient le narrateur avec certains personnages.
Mojmír Grygar.
Pour Akira Mizubayashi, la langue japonaise figée nourrit l'immobilisme de son pays et alimente un fonctionnement collectif millénaire fait de domination(s) et de soumission(s).
Thierry Gillyboeuf.
S'il est un secret que le tango se garde bien de révéler immédiatement, c'est que l'unique maître de la danse, ce n'est, en bout de piste, ni l'homme ni la femme, mais la musique elle-même.
Florent Duffour.