Les blessures du silence

Dans une prison au Rwanda, Yolande, survivante du
génocide, est devant Patrice qui avoue avoir tué cent
personnes.
Rwanda, 1994. Le troisième génocide reconnu du XX<sup>e</sup> siècle est
commis dans un petit pays d'Afrique noire. Le génocide d'une
partie de la population - les Tutsi - ethnicisée, minorisée et
déshumanisée par les pouvoirs successifs, cependant qu'étaient
éliminés les opposants politiques et tous ceux qui refusaient
d'adhérer à l'idéologie de la solution finale du "problème tutsi".
Cela en moins de cent jours, et dans le silence de la communauté
internationale. Silence qui entoure encore aujourd'hui les
survivants, abandonnés à leurs blessures et à leur misère.
L'une d'entre eux, Yolande Mukagasana, qui a perdu son mari
et tous ses enfants dans ce génocide, et un photographe occidental,
Alain Kazinierakis, ont sillonné les collines du Rwanda à la
recherche des survivants. Ils sont aussi entrés dans les prisons
pour rencontrer des personnes accusées d'avoir participé au
génocide. Ils en ont rapporté des témoignages émouvants, qui
montrent les blessures intérieures des survivants, comme celles
des prisonniers qui plaident coupable. Ils nous livrent aussi les
témoignages d'hommes et de femmes justes.
Ils nous dévoilent le visage de ce génocide occulté par les chiffres,
les camps de réfugiés et le choléra.
Ces témoignages nous montrent la simplicité du mal absolu.
Certains nous éclairent sur notre passivité, voire même sur les
complicités pendant la préparation du génocide. C'est notre propre
image d'être humain confronté à l'horreur qu'ils nous montrent,
mais aussi la volonté de reconstruire et la capacité d'amour
après la destruction.