A l'ombre du vent

Soit un lieu, une péninsule naguère oubliée, perdue dans la lumière des jours et des jours, devenue terrain de loisirs convenu et dûment exploité en tant que tel.
Mais, au-dessus de cela, des mémoires, des récits approximatifs et contradictoires, des perceptions échappant à toute rentabilité, rangés et oubliés dans les greniers du deuil, dans les yeux opaques des enfances évanouies. Et de trop jeunes disparus, ceux d'hier et d'aujourd'hui, et aussi ceux de la misère ayant régné, régnant toujours partout.
Debout, jusqu'à l'épuisement, les femmes secourables. Celles qui parlent, celles qui se taisent, et celles qui chantent, du haut de la tour, cet inlassable conte de rivages et de départs sans aucune assurance de retour.
Trois récits, trois tonalités qui se dévisagent, se complètent, dessinant des portraits et des paysages mouvants, comme si rien n'était jamais défini de ces anciennes réalités transportées dans les valises à double fond de la mémoire.