Un médecin dans le sillage de la Grande Armée : correspondance entre Jean Jacques Ballard et son épouse Ursule demeurée en France : 1805-1812

Etrange personnage aux multiples facettes que ce Jean Jacques Ballard,
qui relate, dans un style alerte et châtié, durant sept années, ses tribulations à
travers l'Europe en suivant les armées napoléoniennes.
Amoureux d'une vie sédentaire et campagnarde, ayant pour seul souci
de faire vivre sa famille, il se trouve entrainé malgré lui dans la tourmente de
toutes les campagnes militaires de l'Empereur (Italie, Bavière, Autriche, Prusse,
Espagne, Pologne, Russie).
Dans près de deux cents lettres, il raconte sa vie de médecin militaire,
responsable d'hôpitaux de campagne, où il gère surtout des épidémies. Mais,
peu prolixe sur la pratique de sa profession, il s'intéresse davantage à la vie, aux
moeurs, à la culture et à l'alimentation des habitants des pays où il séjourne.
Amateur du beau sexe et de bonne chère, en Bourguignon qu'il est, il prend
la vie du bon côté et s'adapte à toutes les situations qu'il côtoie, peu reluisantes
le plus souvent. Curieux de mieux connaître les populations étrangères, au sein
desquelles il vit, il apprend successivement les langues des pays qu'il traverse.
Soucieux de réconfort et amateur de lecture, il se fait envoyer par son épouse
du bon vin et des livres. Il verse également dans l'art poétique et ne néglige pas
d'aller assister à des représentations d'art lyrique ou dramatique quand elles
se présentent, là où il se trouve. Epris d'humanisme, il procède souvent à des
analyses critiques de sujets divers portant sur les religions, les moeurs et la
culture. Les descriptions qu'il fait des atrocités perpétrées par les armées sont
loin de laisser indifférent.
Il confirme l'extrême dénuement des troupes impériales, dont le versement
de la solde subit souvent des retards de plusieurs mois.