Mon coeur, de ton visage, n'a pu oublier la douceur

Les héros de ces récits, qui ont entre dix et quinze ans et se consument
d'amour, ont tous réellement existé. Certains d'entre eux vivent sans
doute encore aujourd'hui.
Nous sommes à la fin de la Seconde Guerre mondiale ou juste après.
L'Europe, plongée dans l'horreur, tente de survivre. Néanmoins, le cadre
des cinq nouvelles de ce recueil est, lui, hautement privilégié : un
petit pays encerclé par les belligérants, mais préservé des folies de la
guerre par sa neutralité. Les adultes y connaissent une relative quiétude.
Ils s'ingénient à ne rien dramatiser en présence des enfants. S'ils
affrontent l'austérité, ils épargnent à ceux-ci les ennuis et les discussions
d'argent : ils auraient honte à les évoquer devant eux. Il en va
de même pour tout ce qui touche au corps et au sexe : les enfants font
leurs propres découvertes, en l'absence de recommandations, d'interdits
rigoureux ou de manipulations. Ils se montrent respectueux des
expériences sensuelles de leurs camarades, et méprisants à l'égard des
délateurs. L'exceptionnelle maturité qui caractérise leur comportement
et leurs réflexions tient peut-être à la singularité de leur condition et à
la forme de liberté dont ils jouissent.
Si étonnantes que puissent paraître les aventures racontées ici, elles se
sont pour la plupart réellement déroulées selon le scénario décrit par
l'auteur. En donnant une forme littéraire à des faits parfois dramatiques
et bouleversants qui sont bien advenus dans son enfance, l'auteur nous
fait ressentir la profonde humanité des passions amoureuses de cet âge
et nous les fait respecter.