Ourrou-Djibouti : 1991-1994 : du maquis afar à la paix des braves

L'ancien Territoire Français des Afars et des Issas (TFAI) accède à l'indépendance en 1977 sous le nom République de Djibouti. Sous la houlette de la Ligue Populaire Africaine pour l'Indépendance (LPAI), les leaders Hassan Gouled Aptidon (issa) et Ahmed Dini Ahmed (afar) sont aux commandes du nouvel Etat qui intègre les composantes ethniques du pays. Mais peu à peu le dérapage se produit au sein du pouvoir et la rupture entre Afars et Issas va déboucher en 1991 sur une rébellion afare armée.
Mettant à profit la faiblesse de l'Etat à tous niveaux, le Front pour la Restauration de l'Unité et de la Démocratie (FRUD) impulsé par les jeunes gens (ourrou en langue afare) parvient facilement à occuper les 2/3 du pays durant 18 mois. L'Armée Nationale Djiboutienne (AND) va alors recruter en masse les jeunes wayalé (crâne rasé, en langue somalie) et grâce à des moyens logistiques importants, conjointement avec les Forces Nationales de Sécurité (FNS), elle récupérera en juillet 1993 l'intégralité du territoire national.
Après d'âpres discussions, la Paix des Braves sera signée le 26 décembre 1994, entre le régime en place et une faction du FRUD. C'est une nouvelle opportunité qui s'offre à Djibouti d'entrer dans la voie du dialogue et d'établir un renouveau politique.
L'auteur s'appuie sur son expérience personnelle pour dérouler le fil de l'Histoire de ces trois années d'affrontement violent avant la table des négociations.