François Ier et l'art des Pays-Bas

La France artistique de François I<sup>er</sup> n'a pas été seulement
italienne, mais également imprégnée des courants venus
du Nord. En effet, aux côtés des artistes italiens si prestigieux,
comme Léonard de Vinci, Andrea del Sarto, Rosso Fiorentino
ou encore Primatice, François I<sup>er</sup> sut toujours accorder leur
place aux artistes des Flandres et des Pays-Bas ainsi qu'à
leurs idées si fécondes dans l'art sacré ou dans les genres
du portrait et du paysage.
Alors que nous avons l'habitude de croire que ce règne
fut dévolu au seul développement de la culture classique
et du maniérisme italianisant, nous comprenons aujourd'hui
que toute la finesse du goût septentrional, toute sa spiritualité,
tout son sens du concret viennent contrebalancer le prestige
et le brio antiquisant de l'Italie. Ces artistes du Nord ont
tellement été identifiés à l'art de notre pays que leur origine
étrangère en a été oubliée. On découvre ici que Jean Clouet
ou Corneille de Lyon, que l'on considère souvent comme
français, sont nés et ont été formés entre Hainaut et Flandres.
Ils collaborèrent avec Godefroy le Batave ou l'Anversois
Noël Bellemare et cohabitèrent avec le maître d'Amiens,
Grégoire Guérard, Bartholomeus Pons ou Léonard Thiry.
Cette face artistique méconnue du règne de François I<sup>er</sup>,
inédite et passionnante, le goût du monarque et même sa
passion pour certains aspects de l'art des Pays-Bas appelaient
la spectaculaire remise en perspective proposée dans cette
exposition, dont cet ouvrage se fait ici l'écho.