Gaspard

Gaspard
Aux premiers jours d'août 1914, des trains amènent à Alençon, ville de garnison, les mobilisés de Paris. Parmi
eux, un marchand d'escargots, qui apporte avec lui toute la gouaille de Montparnasse. Le jeune Gaspard, soldat
improvisé, va participer à deux campagnes face aux mitrailleuses allemandes. Avec la conviction, partagée par
ses camarades, qu'il sera de retour pour les vendanges...
Couronné du prix Goncourt en 1915, Gaspard est l'un des premiers romans inspirés par la guerre, avant ceux de
Barbusse, Genevoix ou Dorgelès. C'est aussi le premier à faire usage du langage « poilu ». Grièvement blessé en
Lorraine un mois après la mobilisation, René Benjamin le composa à partir de ses notes et croquis, qu'il fit d'abord
paraître en feuilleton. L'accueil chaleureux des combattants le convainquit d'en tirer un livre, qui connaîtra un vif succès.
« La guerre de l'été 1914, dira-t-il, se caractérise par deux traits : l'élan charmant de cette race qui courut au feu, pleine
de gaillardise, sans soupçonner du tout où elle allait ; puis la criminelle incurie de la plupart de ceux qui nous menèren :
politiques ou officiers. »