Abattement : morphologie d'artiste

D'une écriture qui est aussi un face à face avec le réel,
Nathalie Gassel continue son exploration des obscurités, des abîmes.
Signe d'incarnation qui se désire sans voile ou dévoilé : nu et tourmenté.
La cuirasse n'est pas le vêtement mais le muscle en sa beauté de cuir tendu
et vibrant, presque éclaté. Pensées et émotions sont les fils de la narration
: tout doit témoigner dans un sens essentiel et abrupt, d'une matière
universelle, radicale et d'une individualité irrégulière qui s'y déploie.
Abattement
interroge de l'intérieur la conscience morbide, avec la force
de ce qui abandonne toute complaisance et laisse le destin, cette intention
inconsciente et déterminante, en ce sens tragique, guider l'art. La singularité
de Gassel, pour toucher au nerf, au vif et à la contemporanéité, se
déplace de livre en livre. Ici : dans la solitude de notre monde virtuel où les
mails et vidéoconférences enferment l'homme, claustrophobe et apeuré,
dans autant de cellules individuelles insécables, l'auteur se met à nu pour
mieux nous rencontrer : pour mieux se rencontrer ?