Guide pour se perdre en montagne

Paolo Morelli n'aime pas les écologistes
(Goebbels zoolâtres), les Santégristes (forme de
dictateurs de la Forme), les maestros, les généraux,
les comptables... tous ceux qui sont fiers d'avoir un
objectif.
En premier lieu, des photographes, qui se prennent
les pieds en prenant leurs vues imprenables. Bien qu'il
en fasse partie, il rit beaucoup des alpinistes, ces
nigauds qui redescendent, plein gaz, vers leurs appartements
pour consulter, à la chaleur du radiateur, les
cartes, livres et documents qui tueront l'esprit d'aventure
de leur prochaine sortie.
Il aime ceux qui aiment tellement la montagne,
qu'ils s'y perdent, marchent sans but et respirent. Il
n'aime pas la mer qui, depuis la nuit des temps, ne
songe qu'à raboter les reliefs, et qui attire maintenant
le monde douteux des baigneurs sur ses plages.
Il aime les vagabonds, les ours qui pètent sans
vergogne, et les abeilles quand elles ne travaillent
pas, les vipères et les vers de terre, les loups. C'est
un anarchiste, un poète, un philosophe, un taoïste.
Aucun de ces mots n'indique une direction.
Vous sortirez de ce livre clairvoyant et égaré.