Le soleil était là

«Le Soleil était là», combien l'ont récité sans jamais pouvoir mettre un visage sous le pseudonyme de Karibé Mamba donné à l'auteur par les étudiants d'Afrique noire ! Nombreux sont ceux et celles du monde estudiantin qui ont dit avec cœur, la parole juste et fraternelle qui avait su les toucher.
«Lire les poèmes de Karibé Mamba, c'est comme faire l'expérience aujourd'hui du tumulte de l'âme d'une jeunesse guadeloupéenne des années soixante. Y retrouver tout l'idéalisme passionné, avec cette violence contenue irriguant l'espoir généreux qui animait cette jeunesse-là. Au pays, c'était encore le temps de la société coloniale de l'habitation. Des bananeraies de la Basse-Terre aux champs de canne du pays sucrier, l'injustice et l'insupportable misère se révélaient à cette génération de la jeunesse urbaine qui découvrait l'existence d'un tiers-monde là même, à quelques portées de ses quartiers. Elles justifiaient ses engagements généreux.»
Aujourd'hui, associant à l'hymne héroïque des martyrs de l'injustice, le simple cantique de la vie, l'ensemble des deux volets conjugués en poésie de l'action et de la passion, révèle la profonde humanité du poète. Sa vibrante sensibilité s'exprime à travers une grande liberté syntaxique et rythmique, dans des images taillées à même le basalte de l'île : une écriture résolument moderne, attentive à une certaine idée de l'homme.