Les fellatores : moeurs de la décadence. Côté des dames. La Vierge-réclame

Les fellatores : moeurs de la décadence. Côté des dames. La Vierge-réclame

Les fellatores : moeurs de la décadence. Côté des dames. La Vierge-réclame
Éditeur: GayKitschCamp
2011164 pagesISBN 9782908050714
Format: BrochéLangue : Français

La présente réédition des Fellatores par le Dr Luiz [Paul Devaux] est la

première depuis l'édition de 1888. Augmentée d'annexes importantes

dont Côté des dames du même auteur sous le pseudonyme de Gygès

et La Vierge-réclame de Gisèle d'Estoc (1887), elle devrait ravir et les

amateurs de littérature décadente et les passionnés d'histoire des

homosexualités, enfin franchement associés.

Notre première motivation fut d'ajouter la fellation à notre série

d'habitudes sexuelles de la fin du XIX<sup>e</sup>s. parues sous le titre de «Pédérastie

passive» et «Pédérastie active». Or, Les Fellatores est loin,

comme les deux titres précédents, d'être un texte porno-pédagogique.

L'ouvrage serait même au contraire, comme celui de Gisèle d'Estoc,

une mise en garde complaisante et tragi-comique dirigée contre Marguerite

Eymery dite Rachilde, auteur de textes transgenres aux titres-programmes

révélateurs tels que Monsieur Vénus (1884), La Marquise

de Sade (1887) et Madame Adonis (1888). Les Fellatores donnera,

espérons-le, l'occasion de réhabiliter Rachilde, non plus seulement

comme une personne sulfureuse (que ce soit dans le sens négatif ou

positif du terme) mais comme la chef de file d'un mouvement littéraire

homosexuel (au sens transgenre du terme) et la grande découvreuse

de talents quand elle dirigera, avec son mari Alfred Vallette, Le

Mercure de France (1889).

Mais bien vite, on se rend compte aussi que ces textes, restés dans

l'ombre jusqu'ici, nous narrent, par leur ton polémique : in vivo, un

Paris gay «fin-de-siècle/ fin de sexe» (aphorisme de Jean Lorrain)

autour de l'Opéra Garnier et plus précisément du Café de la Paix (la

terrasse du «Côté des dames») ainsi qu'autour des lieux de divertissement

des Parisiens de l'époque impressionniste (les plages de l'île

de Croissy et sa guinguette La Grenouillère, Chatou, Bougival). Et cela,

avec un style désopilant auquel l'emploi de l'argot «apache» n'est pas

étranger.

Patrick Cardon

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