Correspondance (1889-1890)

En 1922, lors de la parution des Lettres de Léon Bloy à sa
fiancée , plusieurs voix s'étaient élevées pour demander
qui pouvait bien être cette fameuse fiancée à laquelle
des lettres aussi brûlantes qu'inspirées étaient adressées.
Jamais pourtant l'idée de livrer au public les réponses de la
jeune Danoise ne traversa l'esprit d'aucun des membres de
la famille ou de leurs amis proches. Cependant, les lettres
de Bloy n'ont de sens qu'à travers la résonance qu'elles ont
pu trouver dans le coeur et sous la plume de la «Fiancée de
sa pensée». C'est pourquoi il a semblé particulièrement
éclairant de dévoiler enfin cette correspondance croisée.
Car il ne faut pas s'y tromper : par-delà cette correspondance
amoureuse, les Lettres tout à la fois annoncent et résument
ce que sera la destinée exceptionnelle de ces deux êtres
qu'une rencontre improbable mais «nécessaire» devait
réunir. Elles suggèrent aussi ce qui est resté irréductible à
leur rencontre, cette part cachée de Jeanne dont elle ne
parlait jamais et que nul ne soupçonnait, mais qui allait,
après la disparition de Bloy, apparaître dans toute sa grâce
et sa vérité.