Socio-anthropologie des marins pêcheurs

«Monde à part» pour les profanes, les marins pêcheurs et
les communautés locales dépendant de l'activité de pêche
sont restés à la marge des sciences humaines et sociales
malgré les soubresauts les affectant.
Confronté à une baisse régulière des effectifs, devant faire
face à une crise écologique majeure, mais aussi à une
redéfinition des techniques de travail, ce groupe professionnel
est, pour les plus optimistes, en pleine mutation ou, pour les
autres, en voie de disparition.
Par ailleurs, l'arrivée d'une population nouvelle,
touristique et «rurbaine», dans les villages portuaires ne
change pas seulement leur organisation spatiale, mais aussi la
façon «d'être ensemble» des communautés traditionnelles y
résidant. Quel est l'état d'esprit des professionnels et des
membres de la communauté dans un tel contexte ? Quelles
résistances opposent-ils à cette vague qui semble devoir les
submerger ?
La réflexion s'appuie d'abord sur l'étude monographique
de six communautés locales de marins pêcheurs du Calvados
(France). Cet ancrage empirique sert ensuite de base à une
analyse sociologique concernant ces professionnels, mais
aussi à une réflexion anthropologique autour du processus
amenant les hommes à tisser des liens de solidarité avec la
nature.