Addictions et dépendances à l'adolescence : quelles lectures, quelles réponses : actes du colloque du Derpad, 16-17 novembre 2004

Bien que la plupart des études montrent que les
conduites toxicomaniaques débutent le plus souvent
à l'adolescence, c'est un fait que les adolescents ne
consultent pas ou peu les structures de soins spécialisés ; c'est
un autre fait que les professionnels en charge de la protection
de l'enfance et le service public d'éducation hésitent trop souvent
sur les réponses à apporter.
Comment relever le double défi ainsi lancé de mieux
accueillir et mieux réagir ? Quels sont les moyens de faire
face à la gravité et à la diversité des situations tout en évitant
de réduire la prise de drogues à une catégorie morale ou
à une entrée du DSM IV ?
L'exemple du cannabis est à cet égard éloquent.
Entre banalisation et dramatisation, le cap est d'autant plus
difficile à garder que, parallèlement à l'augmentation de la
consommation et à l'arrivée sur le marché de produits de
plus en plus concentrés en principe actif, les complications
de toute sorte sont à la hausse. Faut-il en conclure que nous
sommes face à un grave problème de santé publique ? Et si
tel n'est pas le cas, si donc l'interdiction de l'usage de cannabis
ne relève pas d'un pur impératif sanitaire, cela signifie-t-il
pour autant qu'elle est sans fondement ?
Le recours à la loi ne saurait cependant rendre quitte du
problème. Que la dangerosité et le potentiel de dépendance
d'un produit ne soient pas liés à son statut légal, la tendance
sociologique lourde à l'occultation des problèmes d'alcool est
là pour nous le rappeler ! Alors, au-delà de la loi, quelles
positions tenir ? Notre société peut-elle exorciser la dépendance
? La loi pénaliser toutes les conduites à risques ?
Face aux souffrances des jeunes consommateurs de drogues,
face, parfois, à leur violence, la nécessité de présenter un
cadre suffisamment contenant est très régulièrement invoquée.
Or, existe-t il un meilleur cadre que la cohérence et la
véracité du discours des adultes ?
C'est à l'élaboration d'un tel discours que ce colloque s'est
efforcé de contribuer. Par une exploration la plus ouverte
possible des savoirs et des pratiques, il met au jour un ensemble
de réponses précises aux questions d'orientation voire de
soins que se posent les professionnels de première ligne qui,
dans l'immense majorité des cas, tout comme les usagers et
leurs familles, ne savent pas où trouver de l'aide.