Ni guerre ni paix : journal et correspondance d'une jeune Lausannoise, septembre 1939-mai 1945

«Vendredi 1<sup>er</sup> septembre 1939. À 4 h de l'après-midi : un
roulement de tambour et un homme collant avec un balai
l'affiche de mobilisation contre le kiosque à journaux voisin.
Les choses graves ne viennent souvent à nous que
par des moyens très communs.»
«Mercredi 1<sup>er</sup> novembre. Voici l'opinion qu'a "l'homme
de la rue" sur les forces en présence : l'Allemagne n'a
pas d'argent, donc elle sera vite à bout. Tôt ou tard
l'amitié germano-russe craquera. L'Angleterre est invincible.
L'Italie, il faut s'en méfier. La France essuiera
peut-être des défaites mais finira par avoir le dessus.
Prévisions bien optimistes, et qu'il sera curieux de relire
dans une année.»
À Lausanne, Marcelle Lambert, une jeune femme de
23 ans, achète un cahier où elle va noter, presque au jour
le jour jusqu'en en été 1941, puis plus irrégulièrement
jusqu'à mai 1945, les détails de sa vie quotidienne ainsi
que les nouvelles de la guerre. Aux notes factuelles se
mêlent les lettres qu'elle échange avec son fiancé mobilisé,
Raymond Gafner ; on y voit se consolider des destins
individuels dans la débacle de l'Histoire.