Regards sur la Russie de l'an VI : considérations sur la difficulté de se libérer du despotisme

En 1993, Georges Nivat fit paraître un premier journal de voyage, Impressions de Russie An Un. A ce petit livre Nicole Zand consacra une de ses chroniques, intitulée : «Nivat, voyageur avec bagage». Il s'agit bien entendu du bagage intellectuel, artistique et même religieux d'un slavisant depuis longtemps épris de ce pays. Il en a étudié la littérature, célébré la dissidence, décrit les croisements culturels avec l'Occident. Impressions de Russie parlait de la naissance d'un pays à la liberté politique, religieuse, quotidienne. L'An Un, c'était 1992.
Chaque année depuis lors, Georges Nivat se rend à Moscou et en province, en Ukraine aussi. Ce nouveau livre tient autant de l'essai que du journal, l'auteur rapporte des voyages de l'An V et de l'An VI, c'est-à-dire de 1996 et 1997, aux grands monastères-forteresses du Nord, à Saratov, à Volgograd, à Astrakan, ainsi qu'à Kiev. Il rencontre des jeunes députés et administrateurs, ou séjourne anonymement à Optino, haut lieu des starets russes.
Conscient d'inscrire son livre dans l'histoire du regard occidental sur la Russie, Nivat a voulu mettre dans ce voyage-essai «un regard plus quelque chose», quelque chose du domaine de la gratitude envers un pays qui n'a pas fini de nous proposer autre chose.