Joyaux automobiles des maharadjahs

En 1898, une société européenne importe aux
Indes britanniques trois "voitures sans cheval"
qui trouvent acquéreurs dans quelques États
princiers du pays. Cet événement marque le
début de la grande histoire d'amour des Maharadjahs
pour l'automobile. L'arrivée de ces
voitures modifie totalement le mode de vie de la
royauté indienne et déclenche une passion
dévorante pendant des décennies.
Des automobiles choisies avec le plus grand soin,
dotées des carrosseries les plus inhabituelles,
font le voyage vers l'Inde pour satisfaire les exigences
et les goûts les plus divers, parfois les
plus extravagants des rajahs et maharadjahs.
Voitures de cérémonies pourvues de trônes, voitures
équipées de projecteurs Stephan Grebel et
d'armoires à fusils pour la chasse, voitures de
mariages ou de défilés officiels, voitures spéciales
permettant aux femmes de voyager à
l'abri du "purdah", chacune rivalisant de faste,
de superbe et de splendeur. Toutes ne font pas
preuve de très bon goût comme la Ford,
ornée d'argent repoussé et de rideaux en
dentelle, commandée par un riche propriétaire
terrien ou la Daimler plaquée-or d'un commerçant.
Mais aucune ne surpasse en étrangeté la
Swan Car de Calcutta, une brooke de 1912, en
forme de col de cygne à l'avant dont les naseaux
crachent de la vapeur.
Reconnues aujourd'hui comme faisant partie
intégrante de la fascinante histoire de l'automobile,
seules quelques centaines ont survécu
parmi les milliers de voitures magnifiques,
parfois exotiques en diable, ayant un jour
appartenu aux princes indiens richissimes de la
première moitié du XX<sup>e</sup> siècle. Certaines sont à
l'étranger chez des collectionneurs ou exposées
dans des musées d'Europe ou d'Amérique. Les
plus remarquables sont toujours la propriété de
familles princières indiennes sur le déclin,
vestiges d'un prestigieux passé.
Ce livre conte les vies des plus extraordinaires
voitures parmi les plus belles et les plus rares
qui peuvent encore se trouver.