Belleville-Barcelone

Retrouver une fille de famille partie avec son soupirant,
pour un privé, c'est de l'argent vite gagné.
Mais quand les tourtereaux font leur nid sur une
poudrière, c'est une autre paire de manche.
Comment aurais-je pu prévoir que deux gentils
amoureux me conduiraient sur le sentier de la guerre
? Celle d'Espagne, pour commencer, un chemin
drôlement fréquenté en ce printemps 38. Des fascistes
italiens à leurs amis français, des admirateurs
d'Hitler à ceux de Staline, ça se bousculait du
côté de Belleville. Jusqu'aux anars, en route pour
Barcelone. Et au milieu de tout ça, un corps décapité,
un croque-mort fakir, des fusils baladeurs, un
bateau fantôme. Une vraie toile surréaliste. Ça tombait
bien, André Breton était de la fête. Et moi, là-dedans,
je ne savais plus si j'étais le chasseur ou
le gibier.