Nieul-le-Virouil : son château, ses seigneurs

«Ayant quitté la Vendée, j'ai retrouvé mes racines en Saintonge. Amoureux
depuis toujours des vieilles pierres, je cherchais une nouvelle demeure, or le
château de Nieul-le-Virouil se dressait à quelque 250 toises (500 mètres) au sud
du bourg, abandonné, croulant sous le lierre, misérable ruine. Il fallait faire
quelque chose avant qu'il ne soit trop tard et sauver ce vestige de la Renaissance,
édifice le plus ancien de la commune après son église au magnifique clocher roman.
Son histoire, méconnue, pourquoi ne pas la raconter au fil des siècles qui virent
l'édifice se bâtir pierre à pierre mais aussi, hélas ! subir destructions, saccages et
incendie, et finir dans un abandon total ? Si ces vieux murs pouvaient parler, ils
auraient bien des choses à dire durant leurs quatre siècles et demi d'existence.
N'ont-ils pas connu les guerres de Religion dont les ravages ont obligé à leur
dresser des défenses ? L'époque troublée de la Révolution les a amputés d'ornements
et brûlé les archives qu'ils contenaient. Ils ont surtout été, au jour le jour,
le lieu de vie de générations successives des familles Arnoul et Poute, les seigneurs
de Nieuil, comme on le disait à l'époque. Ces murs ont ainsi vu se
conclure alliances, transactions, affermages, échanges, ventes et achats de terres ;
se disputer héritages et dots ; se préparer réceptions et fêtes, sans oublier les
chasses, un droit seigneurial. Ils ont connu les départs à la guerre et l'attente
angoissante du retour du soldat, du marin... Instants de vie et de rencontres,
instants de mort, de cris de joie ou de pleurs.
Je souhaite que ces pages intéressent, au-delà des Nieulais, tous ceux qui
manifestent de l'attachement à leur terroir, mémoire des siècles passés, et qui
oeuvrent pour la sauvegarde du patrimoine ancien.»