La rizière des barbares : récit

Il restait moins de cent habitants à Phnom Penh, en janvier
1979, lorsque les Khmers rouges abandonnèrent la ville
martyre qu'ils tenaient depuis quatre ans. Les autres ? Deux
millions d'ombres volatilisées entre camps de travail et de
réfugiés, au nom d'une utopie de cauchemar : une société
purgée de ses élites, de ses étudiants, de ses enseignants,
de ses religieux, de ses médecins et de ses citadins.
Alain Dubos, alors médecin sans frontière au camp de réfugiés
de Songkhla, en Thaïlande, voit affluer des centaines de
familles en fuite, épuisées, affamées, terrorisées. Leurs récits,
difficiles à croire, racontent l'une des tragédies majeures
du siècle : l'«autogénocide» cambodgien.
Voici l'histoire d'une de ces familles. Vong, Sanh, Hué et les
autres racontent la peur, la mort, mais aussi la liberté et l'espoir.
Trente ans après, ils attendent le verdict qui condamnera
enfin, dans leur propre pays, les bourreaux du peuple
khmer - dont ce livre fut, dès 1980, le premier à révéler les
crimes.