L'âge d'or de l'empirisme logique : Vienne, Berlin, Prague, 1929-1936 : textes de philosophie des sciences

Les premiers représentants de ce qu'il est aujourd'hui convenu
d'appeler l'«empirisme logique» furent contemporains des bouleversements
scientifiques du début du XX<sup>e</sup> siècle. Ils en tirèrent la
conviction que la philosophie ne peut pas être une discipline autonome
traitant de questions éternelles et qu'elle doit travailler en
étroite liaison avec les savoirs positifs. Aussi abandonnèrent-ils la
posture du penseur solitaire pour privilégier les échanges et la réflexion
collective, favorisée par la constitution de groupes comme le
Cercle de Vienne ou la Société de philosophie empirique de Berlin.
Cependant, contrairement à ce que peuvent laisser penser certaines
présentations réductrices, les empiristes logiques n'ont jamais
constitué une école ni professé une doctrine commune et ils eurent
même parfois entre eux les controverses les plus vives. Les textes
ici réunis - inédits en français pour la plupart - furent rédigés par
Philipp Frank, Hans Reichenbach, Otto Neurath, Rudolf Carnap,
Moritz Schlick, Herbert Feigl, Albert Blumberg et Carl Hempel,
auteurs qui diffèrent les uns des autres tant par leur style que par
les positions qu'ils défendent.
Ces textes témoignent de la richesse d'un mouvement dont on redécouvre
aujourd'hui l'actualité et la pertinence pour les débats
philosophiques contemporains et qui connut son âge d'or entre
1929 - date de la publication du Manifeste du Cercle de Vienne - et
la veille de la Seconde Guerre mondiale.