Un autre regard sur les illettrés : représentations, apprentissage et formation

Qui sont ces «illettrés» qui font périodiquement la une de l'actualité, sans que l'on
sache ce que ce terme signifie précisément ? Ce livre réfute les discours simplistes sur
un «illettrisme» généralisé, menaçant, «fléau» dont les victimes seraient des déficients
sur le plan langagier et intellectuel.
En s'appuyant sur les paroles et les textes de ceux qui sont ou se sentent en difficulté
avec l'écrit, l'auteure analyse les représentations que l'école et toute la société nous
ont léguées à tous. Celles-ci enferment, par un processus sournois de discrimination
sociale, une quantité d'adultes dans la croyance qu'ils sont «handicapés», non
seulement pour écrire mais aussi pour parler «correctement».
La formation, bien différente de l'enseignement traditionnel, les amène à réconcilier
les deux langues, la parole - leur parole - et l'écrit, et leur ouvre la porte d'une
écriture libre et personnelle dont ils sont les premiers surpris. Elle change en
profondeur l'image qu'ils ont d'eux-mêmes.
Ce livre plaide pour une transformation complète du système éducatif qui a
intimement blessé ces anciens enfants devenus adultes, durablement marqués au fer
rouge par un échec dont ils se croient seuls responsables. Il pose la question de la
légitimité de la langue parlée, forcément diverse et changeante selon les locuteurs, les
groupes sociaux ou régionaux ; des rapports entre cette langue léguée par les parents à
l'enfant et la langue (celle de l'écrit) imposée par l'école et par la société tout entière.
Il remet enfin en cause la représentation traditionnelle de l'apprentissage et de
l'enseignement.