Manuel de savoir-vivre à l'usage des jeunes filles

Une gueule d'ange et un style maléfique. Ce môme est un petit
prince à la verve fourchue. Une fulgurance avec un sourire timide.
Son manuel de la jeune fille est une bombe déguisée en baisemain.
Un manifeste aiguisé et plein de panache. Jules Gassot balance tout,
en vrac, dans un ordre parfait et dans un bordel impitoyable.
Voici enfin la jeune fille dévoilée, l'envers du décor et son surprenant
pouvoir. Ce livre est un feu d'artifices. On y découvre : la cigarette,
le dentiste, la nouvelle Ève, le baiser, l'écologie, le sushi : «cette
excroissance japonaise», le baby-sitting, l'iPod.
Sous le hasard de chapitres faussement polis, Gassot vise juste, de
manière aussi poétique que chirurgicale.
Le tout est corsé d'une sauce cinéphilique inépuisable et d'uppercut
de Paul Cézanne : «À chaque touche, je risque ma vie», jusqu'à
cette phrase de Bukowski : «Ne dit-on pas que si, au moins une
fois, un homme rend une femme heureuse, c'est toute sa vie qui
s'en trouve justifiée.»
Voilà. On referme le bouquin. Nous étions en pleine conversation
avec un gosse de mille ans.
Depuis des plombes, on le cherchait partout. Et la grâce de
la nonchalance se cachait là, derrière une jeune fille. La belle
cachette. Le beau bouquin.
Nicolas Rey