De Marseille aux Comores : entrée en politique d'une jeunesse issue de l'immigration

Comment une crise politique dans le pays d'origine
peut entraîner une mutation d'une communauté
migrante ? Dans quelle mesure pouvons-nous affirmer
que la crise séparatiste comorienne de juillet 1997 a
engendré une prise de conscience politique, un
apprentissage du politique, de la part des jeunes
intellectuels comoriens de Marseille et une légitimation
de leurs critiques visant les anciens ? Ce sont les deux
questions que se pose Azad Halifa dans ce livre. Il en
dégage alors deux hypothèses :
La communauté a une grande part de responsabilité
dans ce séparatisme pour l'avoir nourri à travers les
notions de préférence villageoise et insulaire. Et ainsi,
leur légitimité a été remise en cause. La jeunesse
intellectuelle a investi cette crise et a réussi à devenir le
principal interlocuteur de la population comorienne de
cette ville.
Ces jeunes ont uni les Comoriens de Marseille en
fondant une véritable identité comorienne, dénuée de
toute particularité insulaire.
Ils ont ouvert ce champ communautaire aux valeurs et
normes du pays d'accueil et ont pu tendre un fil entre les
Comores et Marseille, entre les Comores et la cité
phocéenne, entre leur pays d'origine et une société
française où il est difficile de trouver sa place si on reste
dans le communautarisme.