Justice et modernité

Justice et modernité
L'époque contemporaine doit résoudre le problème de justice sociale
que lui a légué la modernité en reconnaissant quelle est la bonne façon
de distribuer les droits, les devoirs et les biens. Le libéralisme recourt au
consensus social pour justifier que l'expérimentation libérale de la justice
est la seule façon de garantir à la fois la justice sociale et la liberté des
citoyens. Mais cette justification est capable de justifier aussi bien l'injustice
que la justice.
La thèse critique également la pragmatique éthique et la pragmatique
sociopolitique développées par K.O. Appel et J. Habermas : elles ne sont
pas capables de produire les conditions d'argumentation pour établir les
fondements cognitifs des normes juridiques qu'elles prétendent rendre
possibles. On ne peut atteindre ce but théorique et pratique qu'en étendant à
l'éthique de la communication la logique de la révolution copernicienne et du
jugement de vérité que J. Poulain a appliquées à la pragmatique sociopolitique
d'Habermas. Seule la justice rétributive du partage de la vérité peut offrir
la fondation philosophique d'une éthique à la fois éthique et politique.