Chanter plus haut : la chanson religieuse vernaculaire au Moyen Age : essai de contextualisation

La chanson religieuse en langues vernaculaires est un genre
paradoxal de la lyrique médiévale. Influencée tant par les
hymnes latins que par les chansons courtoises, elle a longtemps
été discréditée par les chercheurs comme étant un
mélange sans originalité. Cet ouvrage porte un nouveau regard
sur ce genre, par une approche comparatiste des différentes
traditions lyriques romanes, française, occitane et galicienne.
Certes la plupart des poèmes pieux chantant l'amour et la
gloire de Dieu étaient des imitations formelles de chansons
courtoises, mais l'analyse des variations dans ces procédés
d'imitation permet de montrer l'ambition d'un réel dépassement
du modèle profane, de la même façon que l'amour spirituel
devait dépasser l'amour terrestre en un «chant plus haut».
Cette étude offre ainsi une meilleure compréhension des techniques
poétiques du Moyen Âge et traite aussi de questions
générales telles que la définition du lyrisme. Elle effectue enfin
une tentative de contextualisation de la chanson religieuse, en
étudiant la place occupée par celle-ci dans l'organisation des
chansonniers, et un examen des différentes appellations médiévales
du genre, de ses motifs essentiels, des différents milieux
de création de ces textes, ainsi que des auteurs, de Gautier
de Coinci aux bourgeois d'Arras, en passant par Thibaut de
Champagne, Guiraut Riquier ou Alphonse X le Sage.