Ahmed Sékou Touré (1922-1984) : président de la Guinée de 1958 à 1984. Vol. 4. 1960-1962 : la Guinée poursuit son ouverture internationale, mais prend ses distances vis-à-vis de Paris, de Dakar, d'Abidjan et même de Moscou

Le diplomate français André Lewin, qui
était au début des années 1970 porte-parole
du secrétaire général de l'ONU, a négocié,
comme envoyé spécial des Nations Unies,
la normalisation des relations diplomatiques
entre la Guinée et la France, intervenue
le 14 juillet 1975. Il a ensuite été
ambassadeur de France à Conakry jusqu'en
1979, et n'a cessé depuis lors de
s'intéresser à ce pays. Il entretenait des
relations confiantes et même amicales avec Ahmed Sékou Touré,
président de la Guinée de 1958 à 1984. Il lui a consacré une thèse
de doctorat d'histoire, soutenue en 2008 à l'Université d'Aix-en-Provence.
Le quatrième tome de cette biographie couvre la période qui
va des premiers mois de 1960 au début de 1962. On y voit Sékou
Touré s'impliquer sur la scène internationale, à l'ONU, en particulier
par ses discours à New York et par l'envoi d'un contingent
de Casques bleus pour soutenir son ami Patrice Lumumba au
Congo ex-belge. Il est également très actif au sein du groupe
afro-asiatique, dont il accueille une conférence à Conakry. Les
relations avec la France officielle restent fragiles, se dégradent
même avec la sortie de la zone franc et le «complot pro-français»,
alors que François Mitterrand, Pierre Mendès-France et
André Bettencourt visitent la Guinée. Ses rapports avec le Sénégal
de Senghor et la Côte d'Ivoire d'Houphouët-Boigny se détériorent
eux aussi, et même ses liens avec l'Union soviétique se
distendent.