Connaissance des Pères de l'Eglise, n° 162. Bordeaux et l'Aquitaine

« Quant à moi, dis-je, il me semble qu'il serait plus juste de demander cela à Gallus, il en sait plus que nous (un disciple peut-il ignorer les actions de son maître ?), et il doit d'abord à Martin, puis à nous, de traiter ce sujet à son tour ; car, pour moi, j'ai écrit un livre ; et toi, Postumianus, tu nous as jusqu'à présent entretenus des miracles des moines d'Orient. Gallus nous doit donc ce récit, et, comme je viens de le dire, c'est à son tour de parler, et, pour l'amour de Martin, il le fera, je crois, avec plaisir.
- Certainement, répondit Gallus, quoique je sois bien faible pour un si grand fardeau ; cependant, excité, par les exemples d'obéissance que vient de rapporter Postumianus, je ne refuserai point la charge que vous m'imposez. Mais, lorsque je pense que moi, Gaulois, je vais parler devant des Aquitains, je crains d'offenser vos oreilles délicates par mon langage peu soigné. Écoutez-moi donc comme un homme grossier, simple et sans fard dans son langage. Car si vous m'accordez d'être disciple de Martin, permettez-moi, à son exemple, de mépriser un style vainement orné et fleuri ».
Sulpice Sévère, Les Dialogues I, XXVI