La mort et le songe

Au-delà de l'opposition traditionnelle entre mort de soi et mort de l'autre et à
l'écart de la conception heideggérienne de la mort interrogée en profondeur, cet
ouvrage de Jacques Garelli prospecte une autre alternative : celle de l'expérience
de la mort comme amputation du champ trans-individuel de l'être-au-monde du
survivant inextricablement mêlé à l'être-au-monde du disparu.
Or, la mort ne se réduit pas à un problème strictement humain. Elle concerne
l'évolution cosmique de l'ensemble des galaxies, dont on ne peut dissocier notre
destin planétaire. Situation questionnée dans la troisième section de cet ouvrage et
qui ouvre sur la problématique du Sublime kantien, situé comme en abîme au coeur
de la problématique de la mort. Dès lors, un réseau de tensions se noue entre
l'irréductibilité de la douleur de l'homme face à l'épreuve singulière de la mort et une
certaine forme de sérénité cosmique que la méditation philosophique, scientifique et
la pratique de la création artistique peuvent aider à conquérir.
C'est en tenant compte de cette situation complexe que la méditation sur la mort,
irréductible à un genre commun, ouvre sur la problématique du songe cosmique.