Les défis de la renaissance africaine au début du XXIe siècle : du pouvoir patrimonial à la souveraineté collective

La renaissance africaine nécessite un leadership visionnaire et une société civile cohérente, autonome et dynamique qui s'accordent sur des orientations politiques, économiques et sociales qui rompent avec le statu quo existant depuis les indépendances. Les Etats africains doivent répudier le pouvoir patrimonial corrompu et oppresseur et s'affranchir de la domination économique extérieure qui place les intérêts étrangers au-dessus de l'intérêt africain. Ils doivent mettre en oeuvre des stratégies de croissance et de développement économiques qui modernisent leurs économies tout en augmentant leur productivité, et accroissent continuellement le revenu par tête des populations africaines, d'abord grâce à des rendements agricoles plus élevés, ensuite par l'industrialisation et le développement des services modernes dans le cadre des cinq communautés régionales et de l'Union africaine.
À contre-pied de la stratégie de développement par les exportations prônée par les institutions de Bretton Woods qui s'est soldée en Afrique par la stagnation économique générale, M. Sangaré suggère le démarrage de la croissance par une stratégie recentrée sur l'accroissement de la productivité agricole, particulièrement des cultures vivrières, l'exploitation du marché national, régional et même continental dans le cadre des communautés régionales et de la Communauté économique africaine et l'accélération de la croissance par la priorité accordée simultanément à l'industrialisation et à l'éducation ainsi qu'au développement de la capacité technologique. Il souligne enfin que la renaissance africaine doit baigner dans un climat de démocratie et de bonne gouvernance, car elle implique nécessairement la paix sociale sur le Continent grâce à la stabilité et la sécurité.