Apologie d'Ernst Jünger

« Une apologie d'Ernst Jünger s'impose. Une apologie - c'est le sens grec du mot - est un discours ( logos ) qui vise à lever ( apo ) une accusation, en montrant son absence de fondement. Extirper les vieilles calomnies anciennement enracinées, colportées par la rumeur et la malveillance. »
Telle est la démarche de François L'Yvonnet qui entreprend l'exploration d'une personnalité sulfureuse : Ernst Jünger (1895-1998). L'auteur d' Orages d'acier , du Travailleur ou des Journaux de guerre est associé au nazisme, aux côtés de M. Heidegger et de C. Schmitt dont il fut proche.
Mais à leur différence, il n'adhéra jamais au parti nazi et ne ménagea jamais ses critiques. Certes, il a fréquenté les milieux nationalistes de la « Révolution conservatrice ». Certes encore servit-il, presque jusqu'à la défaite, dans les troupes d'occupation allemande, en France, sous l'uniforme de la Wehrmacht. Mais est-ce suffisant pour le clouer au pilori des pensées maléfiques ? Jünger est à part. Il faut le prendre tel qu'en lui-même : un auteur inclassable, contradictoire et déroutant.