Rwanda : le pouvoir à tout prix : d'une dictature à l'autre

Le 1<sup>er</sup> octobre 1990, alors que le mur de Berlin vient de tomber et
qu'un processus de démocratisation s'amorce en Europe de l'Est
comme partout en Afrique, le Rwanda est attaqué à partir de sa
frontière avec l'Ouganda par le Front patriotique rwandais (FPR),
un parti issu de la diaspora des Tutsis exilés depuis 1959. Dans un
contexte de guerre et de crise économique majeure, l'ancien parti
unique cède la place au multipartisme, les journaux de toutes
tendances prolifèrent, les troubles politico-ethniques éclatent dans
plusieurs régions du pays. Le 4 août 1993, les deux belligérants (FPR
et pouvoir central) signent un accord de paix prévoyant la fusion
des deux armées et le partage du pouvoir durant une période de
transition. Le 6 avril 1994, le président Juvénal Habyarimana est
assassiné. Les extrémistes de son camp attribuent immédiatement
la faute au FPR. Ils décident de s'emparer du pouvoir et entraînent
le pays dans un génocide qui a emporté des centaines de milliers
de Tutsis ainsi que de nombreux Hutus. La rébellion conduite par
le général-major Paul Kagame profite du chaos pour lancer une
offensive décisive. Des massacres d'une grande ampleur sont aussi
perpétrés par cette même rébellion avant et pendant l'installation
d'une nouvelle dictature. Témoin engagé contre l'extrémisme et
les excès de pouvoir, l'auteur s'appuie en partie sur ses propres
souvenirs pour relater la tragédie rwandaise.