Football, la mauvaise passe

Épuisé par les dérives de ses joueurs, de ses clubs et de ses institutions, le plus
beau jeu du monde est aujourd'hui défiguré par son incomparable popularité. L'arrêt
Bosman, permettant aux clubs d'engager autant de joueurs européens qu'ils le
souhaitent, l'irrésistible ascension des droits télévisés, en ont été l'acte fondateur,
entraînant l'augmentation du salaire des joueurs dans d'hallucinantes proportions.
La Coupe du monde dégage des milliards d'euros de profits, les pays souhaitant
l'organiser sont prêts à toutes les compromissions pour en obtenir les droits. Voilà
où en est le ciel du football. Désespérément noir. Dans le même temps, FIFA et UEFA
s'opposent mortellement au nom du pouvoir. La chute de Michel Platini en est un
symbole : arrivé au sommet de l'UEFA avec l'aide de Sepp Blatter, il est tombé à
cause de lui.
En France, il y a plus de trente ans que le football se traîne dans la boue :
détournements de fonds, caisses noires, présidents de clubs en prison, matchs
et arbitres achetés, comptes truqués, agents malhonnêtes... Comment s'étonner
ensuite d'assister aux dérives des joueurs ? De Knysna à la sextape de Valbuena,
de Ribery-Zahia à Benzema en passant par Domenech et les insultes d'Anelka, le
football français est champion du monde... du scandale. Sous le ciel du football
mondial, ce n'est pas mieux : clubs endettés, dopage, corruption, évasion fiscale,
chantage, racisme, détournements de fonds, tous les coups sont permis ! Là aussi,
rien que du noir et peu d'espérance.
À désespérer de tout ? Peut-être, s'il n'existait quelques beaux destins auxquels
nous avons envie de croire. Ainsi, dans le sud de la France, brille, à la tête de la plus
jeune équipe d'Europe, un ancien enfant perdu qui pourfend le noir du ciel. Et nous
rappelle qu'on ne peut se passer des étoiles.