Le serment blessé

Le serment blessé
Je ne sais plus où est notre propre récit, notre manière de nous percevoir nous-mêmes et notre manière de discerner les autres et le monde. Je ne sais plus quel récit je dois croire, celui qui est juste, ou celui que je dois suivre. Je suis bien seul sur ma longue route. J'ai le sentiment que tous mes repères se sont envolés, sans traces ni souvenirs.
La légende de Boubacar est une longue déambulation dans le dédale des gravats d'un monde dynamité. Elle emprunte un double registre : celui du conte romancé et de la lamentation poétisée.
Extrait de la préface par Eugène Ébodé
Pour la troisième fois, Amadou Elimane Kane remet en scène son double imaginaire, Boubacar, déjà présent dans L'ami dont l'aventure n'est pas ambigüe et Les soleils de nos libertés. Habité par la trahison d'un amour, celui-ci cherche à retrouver l'équilibre et la vérité au nom de l'intégrité face à la loi du talion. Seune Gnedia, jeune femme chimérique, suit un parcours chaotique entre confusion, mystification et désillusion. Ce récit inédit réussit le pari de faire cohabiter prose et poésie tout en finesse en provoquant des ruptures stylistiques rythmées qui servent le romanesque. En donnant la parole à tous ses personnages, l'auteur explore en profondeur les paradoxes de la société sénégalaise qui, oublieuse de son passé fondateur, cultive les mensonges et l'agonie. La parole d'Amadou Elimane Kane, dont le message interroge une fois de plus les sources de la culture africaine, est consonance poétique et résonne, en une mélopée réaliste, parfois désenchantée mais toujours lyrique, pour faire entendre l'histoire africaine et conduire à sa renaissance.