Le sultan est dans l'escalier

Marseille, ville mystérieuse par essence, regorge
de personnages mystérieux : sorciers, mages, assassins,
prophètes, aventuriers, cambrioleurs, flics hors normes...
mais aussi des rois. Beaucoup sont passés par Marseille ou
y ont résidé et parmi les plus baroques : Orélie-Antoine Ier,
roi d'Araucanie et de Patagonie ; Marie Ier, roi des Sedang ;
Jacques Ier, empereur du Sahara...
Mais Olivier de Sanderval, Marseillais de souche,
fut pour de bon roi de Kahel dans l'Afrique de l'Ouest
vers 1880. Il a même à Marseille son boulevard.
Alors inventons sur son modèle le roi Frédéric Audibert,
natif du quartier de Saint-Giniez et devenu à la même
époque roi de la cité-état d'Aya-Kong, dans le golfe
de Guinée. Et imaginons-lui un petit-fils, un vieil homme
brisé et un peu ridicule finissant de revendiquer en vain
son titre dans le Marseille défoncé, d'Euroméditerranée.
Essayons de voir au travers de ce personnage déconnant,
entêté et overlittéraire, l'histoire tout aussi déconnante
d'une ville particulière durant le siècle dernier.
Pour cela nous mettrons le sultan dans l'escalier.