La faucille ou le McDo : l'Europe et les Etats-Unis dans le nouvel ordre alimentaire mondial

Sur la planète, deux puissances ont des armes d'alimentation massive :
L'Europe et les Etats-Unis. Pour ces derniers, c'est inacceptable. Ils veulent le
monopole alimentaire mondial. D'autant qu'en 2040, avec l'humanité qui
comptera deux milliards de bouches de plus à nourrir et la Chine dont la puissante
croissance économique génère une augmentation de la consommation,
les besoins agricoles planétaires vont augmenter de 30 à 60 %. En céréales,
viandes, produits laitiers, fruits, vins, bières, un fantastique marché mondial
des protéines animales et végétales est en train de s'ouvrir.
Les Etats-Unis en veulent la maîtrise. D'où la guerre alimentaire que leurs
" farmers faucons " mènent contre l'Europe agricole en général et la France
paysanne en particulier accusées d'être " l'axe du mal agricole " et des " Etats
agricoles voyous " pratiquant des subventions agressives contraires à la sécurité
alimentaire mondiale.
Du Dillon round des années 60 au cycle commercial de Doha depuis 2001,
en passant par l'Uruguay round, les Carla Hill, Mickey Kantor, Charlesne
Barshefsky et autres Robert Zoellick du clan de la guerre agricole, multiplient
les contentieux à l'OMC, les embargos et les batailles sur tout, du blé à la
viande aux hormones, du poulet aux bananes et, aujourd'hui, aux OGM. Pour
eux, après l'Irak pétrolier, c'est le tour de l'Europe agricole.
Là aussi, ils ont leurs alliés et leurs vassaux. La Grande-Bretagne évidemment,
la Nouvelle-Zélande ovine et laitière, l'Australie ou l'Afrique du Sud viticoles,
leurs esclavagisés de l'Amérique centrale bananière et de l'Amérique du
Sud OGMisée, leurs inféodés d'Europe de l'Est et leurs assistés d'Afrique. Sans
parler de leurs chevau-légers des ONG et leur cheval de Troie, de Rome à
Madrid.
Harcelés, menacés, intimidés, de décennie en décennie, la Commission de
Bruxelles et les gouvernements européens se replient sur le pacifisme agricole
et, peu à peu, lâchent tout. Blair House 1992 a été un symbole de cette reddition
agricole et Cancun 2003 peut être le Munich tropical de l'agriculture
européenne.
C'est cette guerre de civilisation, entre la facuille et le Mc Do, la France de
la civilisation agriculturo-terrienne et l'empire de l'intégrisme anglo-americano-alimentaire
que le livre décrit. Avec l'enjeu angoissant : alors que paysan va
redevenir le grand métier du milieu du XXIème siècle, y aura-t-il encore, dans
ces années qui arrivent, des paysans européens et surtout français pour nourrir
les hommes du monde... ?