Vice versa

Ah ! Lou et ses contradictions, Lou et son illogisme, pourquoi
a-t-il fallu que ça tombe sur moi ?
Car ici on touche le fond du problème, pour autant que
l'abîme qui nous sépare ait une borne : Lou est mon
négatif, mon antipode. S'il existe un endroit dans cet univers
où rien ne me correspond, elle y habite. Pour
reprendre un terme cher aux physiciens d'aujourd'hui,
disons que Lou est mon «anti-moi».
Nos étreintes sont lumineuses, voilà l'ennui.
Le flash aveuglant qui surgit dès qu'un centimètre carré
de sa peau entre en contact avec la mienne nous assomme
de volupté, irradiant nos corps de l'envie incendiaire
d'en étreindre plus. Rien ne survit à cet affolant désir, en
tout cas aucune forme de conscience, de logique ou de
rationalité.
Lou est chanteuse, irrationnelle, désordonnée,
accro au thé et à l'homéopathie et elle ne croit qu'à
l'astrologie. Frédérique est chirurgienne, rationnelle,
maniaque de l'ordre, accro au café et à la
cigarette et elle ne croit qu'à la toute-puissance de
la science. Tout les sépare, sauf... leurs étreintes,
lumineuses, passionnées, célestes. Mais peut-on
supporter l'insupportable uniquement pour cela ?
Non, bien sûr. Quoique...
Pour son premier roman, Fanny Mertz nous
entraîne dans une comédie à rebondissements,
drôle, enlevée, où l'amour se prend les pieds dans
le tapis.