L'interdite : Davia, une sultane corse au Maroc

«En entrant dans son appartement, je fus réellement
frappé par sa beauté, elle dut s'apercevoir
du trouble qu'elle me causait. J'ose affirmer qu'il
n'y a point de pays dans le monde où elle n'eût
passé pour une jolie femme.» Celui qui parle n'est autre
que William Lemprière, chirurgien écossais, explorateur de
l'Afrique au XVIII<sup>e</sup> siècle, l'un des rares occidentaux autorisé
par le sultan Sidi Mohamed ben Abdallah à pénétrer dans
son harem. Et celle dont il célèbre la grâce se nomme Marthe
Franceschini, une jeune fille d'origine corse, enlevée par
des pirates barbaresques, puis élevée à la cour alaouite.
Devenue la sultane Dhâwiya, «la lumineuse», elle a connu
un destin exceptionnel avant d'inspirer de nombreux récits,
contes ou légendes enjolivés jusqu'à la fantasmagorie. Dans
son petit village de Corbara où l'on peut voir encore la
maison de son frère, les siens l'appellent Davia.