S'implanter à Hong Kong : documentation arrêtée au 15 septembre 2003

Dans la saga du «miracle asiatique», dans laquelle on peut lire tant de
décollages économiques exceptionnellement rapides, Hong Kong occupe une
place à part. Nulle part ailleurs, la réussite n'a été si complète et si insolente,
à l'image de celles des grands « tycoons » hongkongais qui, souvent partis de
rien, contrôlent aujourd'hui des groupes de dimension internationale.
Beaucoup ont vu, dans cette réussite, celle d'un paradigme du capitalisme
libéral. Le cadre des affaires qui n'a, en application du principe «un pays,
deux systèmes», rien à voir avec celui de la Chine continentale, est en effet
l'un des plus favorables au monde. La liberté des mouvements des biens et
des capitaux est totale. Le cadre juridique, d'essence anglo-saxonne et mis en
oeuvre par des juridictions et une administration fiables et efficaces, assure une
grande sécurité des biens et des personnes ; la réglementation légère, sans être
lacunaire, est conçue pour l'épanouissement de l'esprit d'entreprise.
Cependant, Hong Kong traverse, depuis 1997, une crise structurelle qui, bien
que concomitante avec la rétrocession à la Chine, n'y est pas liée. Comme
au Japon, les excès spéculatifs du début des années 1990 avaient poussé les
prix immobiliers à des niveaux irrationnels, susceptibles de décourager les
investisseurs. L'éclatement de la bulle immobilière (les prix ont baissé des deux
tiers entre le pic de 1997 et 2003) a été douloureux. Dans le même temps,
l'accélération de l'ouverture et de la libéralisation de la Chine continentale
obligeait Hong Kong à repenser son rôle de passerelle entre le marché
chinois et le reste du monde. Toutefois, cette crise n'a jamais remis en cause
le consensus sur le modèle de capitalisme pratiqué à Hong Kong. C'est au
contraire sur les avantages intrinsèques de ce modèle que se fonde l'optimisme
des autorités sur la sortie de crise.
Il est vrai que Hong Kong reste un paradis pour les entrepreneurs et que le
prix à payer pour s'y installer a beaucoup diminué, du fait de la baisse des prix
immobiliers, mais aussi de la baisse des prix à la consommation et des salaires.
Pour toutes ces raisons, mais aussi parce que l'accélération du décollage
économique en Chine a déplacé le centre de gravité des affaires vers l'Asie
du Nord-Est, Hong Kong est donc redevenu le lieu privilégié d'une première
implantation en Asie ou de l'installation d'un centre régional. Si, comme le
titrait le New York Times , «personne n'a gagné d'argent en pariant contre
Hong Kong», beaucoup ont trouvé leur intérêt en misant sur Hong Kong.