Les thesmophories ou La fête des femmes

Les Athéniennes saisissent la fête des Thesmophories,
mystère dont elles sont seules ministres, à l'abri de la vue
des hommes, pour décider du sort d'Euripide qui
les a dénigrées dans ses tragédies. Pour se sauver,
le dramaturge infiltre alors parmi elles son vieux
Parent, travesti, chargé de le disculper.
Mais, au moment de parler, le Parent n'en fait qu'a sa tête ;
Aristophane lui fait endosser comiquement le rôle de Télèphe, héros
tragique célébré par Euripide, et le laisse déblatérer contre les femmes.
Comment expliquer ce comportement ? Est-ce une nouvelle démonstration de l'autonomie opiniâtre, chère à l'auteur, du comédien ?
Une métonymie de cette oeuvre hautement parodique ? C'est qu'Aristophane brosse l'image la plus « politique » que la littérature grecque
nous ait laissée d'Euripide, celle d'un tragique devenu comique et
médisant, qui assène à son public des vérités déplaisantes à entendre.
Voici la tragédie d'Euripide décomposée et recomposée par Aristophane sous des formes nouvelles et inattendues, qui servent les
nécessités de l'intrigue comique tout en conférant un sens à la
parodie. Il s'agit d'en finir avec l'opposition, traditionnelle pour
l'époque, entre les deux genres - la tragédie et la comédie - au nom
d'un principe supérieur qui les intègre et les dépasse à la fois : l'art
dramatique. Avec Les Thesmophories , la parodie tragique atteint des
sommets de sophistication et de savoir-faire en inventant la forme du
théâtre dans le théâtre.
Face à ce texte unique, le défi principal de la traduction est de rendre
compte du comique de situation. Tout en fournissant les éléments
utiles à l'étude philologique et historique de l'oeuvre, le commentaire
en donne une interprétation inédite, centrée sur le thème du jeu.
Comédie de la mimèsis dramatique, Les Thesmophories véhiculent en
effet une réflexion puissante sur l'art d'Euripide et sur celui de son
metteur en scène, Aristophane.
Quelle trame géniale, et bien dans ton style :
Pour les magouilles, à nous le pompon !