Oeuvres philosophiques : 1773-1790

Oeuvres philosophiques : 1773-1790

Oeuvres philosophiques : 1773-1790
Éditeur: CODA
2004842 pagesISBN 9782849670156
Format: BrochéLangue : Français

«Tant que l'éducation sera négligée, la raison persécutée, la vertu méprisée, il ne

faut pas s'attendre à voir les hommes ni meilleurs, ni plus heureux.»

«Les hommes ne sont pas dégénérés : leur raison n'a pas encore été suffisamment

développée. Leur nature ne s'est pas dégradée : elle n'a point été convenablement

cultivée.»

«Un des grands inconvénients du commerce du monde est d'exposer les personnes

occupées à devenir les victimes d'une foule d'importuns, de fainéants, d'ennuyeux,

qui viennent périodiquement leur apprendre qu'ils n'ont rien à leur dire.»

«Les nations pauvres ne sont-elles pas à portée de supplanter les nations plus

riches dans leur commerce ? L'étranger s'adressera toujours au peuple qui lui fournit les

marchandises à meilleur compte. Une nation trop riche périt de son embonpoint et deviendra

la proie des nations plus pauvres, qui n'auront point d'argent mais du fer pour la

conquérir.»

«Ainsi que tous les excès, le commerce trop étendu finit par se punir lui-même.

En augmentant dans un pays la masse des richesses, il augmente nécessairement le prix de

toutes les denrées, par conséquent celui de la main-d'oeuvre ou le salaire de l'ouvrier. Dès

lors, les manufactures nationales perdent la concurrence avec celles des peuples moins

riches qui travaillent à meilleur marché.»

«Que dans un coin de l'Asie un imposteur tel que Mahomet parvienne à persuader

une centaine d'Arabes imbéciles et à leur faire croire qu'il est un grand prophète, cette

erreur paraît d'abord de très peu de conséquence. Cependant on trouve qu'au bout d'un

siècle cette erreur a fait inonder de sang et l'Asie et l'Afrique, et qu'elle est la cause fatale

de l'engourdissement stupide dans lequel nous voyons encore gémir les malheureux habitants

des plus belles contrées du monde, sur lesquels un despotisme affreux exerce son

empire destructeur.»

«La liberté entre les mains d'un être sans culture et sans vertu est une arme tranchante

entre les mains d'un enfant.»

«On est homme avant que d'avoir une religion, et quelque religion qu'on adopte,

sa morale doit être la même que celle que la Nature prescrit à tous les hommes, sans

quoi elle serait destructive pour la société. Rien de plus injuste, de plus inhumain, de plus

extravagant, de plus contraire au repos de la société, que de haïr et de persécuter ses semblables

pour des opinions. Les opinions ne sont dangereuses que lorsqu'on veut les faire

adopter par force à d'autres. Le crime est toujours du côté de celui qui le premier emploie

la violence. Rien n'est plus propre à rendre les hommes insociables que le défaut d'indulgence

en matière d'opinions. Si quelqu'un méritait d'être privé des droits de l'humanité,

ce serait évidemment celui qui voudrait que l'on égorgeât sans pitié tous ceux qui ne penseraient

pas comme lui.»

«Tout homme qui n'est point alarmé d'une injustice faite au plus obscur de ses

concitoyens est un imbécile qui ne mérite lui-même que des fers.»

«Aimez, pour être aimé. Voilà le précepte simple auquel peut se réduire la

morale universelle.»

Diffusion Presses Universitaires de France

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