L'eau tremblante des saisons

L'eau tremblante des saisons dit la fugacité et le
caractère insaisissable du temps, son jeu de reflets
semblable à celui qui organise ce recueil, où les
saisons de la vie font écho à celles du monde. Entre
irréversibilité implacable de l'existence et cycle des
saisons, paysage extérieur et paysage intérieur,
s'opposent la sérénité de la nature toujours
renaissante et le drame de la maladie et de la mort sur
fond de paysage méditerranéen, unique interlocuteur
impassible de cette méditation, dont la beauté attise
la douleur mais débouche aussi sur l'acceptation
apaisée de notre place dans l'univers.
Cette écriture lucide, qui est la signature de l'auteur,
débouche sur une poétique alliant la notation sensible
au lapidaire de la maxime. C'est à un «connais-toi
toi-même» que convie le poème, creusant ce Silence
des mots comme se nommait le premier recueil de
Joëlle Gardes, qui poursuit, ici, son questionnement
sur le mystère de nos destinées, interrogées sans effet
ni pathos, dans l'humilité du quotidien, la simplicité
d'un constat dépouillé, méditatif et contemplatif, qui,
à la fois, transperce par sa limpidité cruelle et fait
revivre cette émotion des instants uniques dont sont
faites nos vies.