Paul Dhalluin (1920-1948) : des maquis limousins aux rizières d'Indochine : correspondances et témoignages, 1940-1948

Deux dates ? Curieuse association... A quoi se réfèrent-elles
? Guerre et après-guerre ?
Simplement deux dates françaises majeures du XX<sup>e</sup> siècle :
seconde guerre mondiale et décolonisation en Indochine. Deux
guerres dans lesquelles la France a été emportée, tourbillonnant
au gré de nouvelles donnes et nouvelles forces, soufflée par des
puissances étrangères, perdant son indépendance... Essoufflée,
épuisée, écartelée et exsangue, elle a choisi les priorités pour se
relever et d'oublier le reste.
Aujourd'hui, 50 ans après, l'amnésie collective se résorbe,
le voile se lève sur cette période si difficile à aborder.
Jusqu'alors l'appréciation de cette période relevait fréquemment
de chromos : Pétain contre de Gaulle, collabos contre résistants,
allemands ou japonais valant hordes de sauvages... Histoire à
gros traits qui facilite la prise de position, sans question ni état
d'âme. Mais était-ce si simple ?
Quoi de mieux que de suivre pas à pas un jeune de cette
époque ? La confrontation de l'idéal à la réalité se vit tous les
jours, dans un quotidien dévasté, où tous les repères habituels
s'effondrent. Paul Dhalluin nous fait revivre cette époque : qui
connaît encore aujourd'hui les chômeurs de 40, les Chantiers
de Jeunesse, la France de la guerre vue par un jeune qui veut
prendre sa place dans le destin national, qui croit au relèvement
de son pays, perd ses illusions et cherche toujours une voie qui
corresponde à ses idéaux et son sens d'autrui, son côté
généreux et progressiste pour son temps.
Des traces à suivre pour comprendre une époque, le poids
des évènements, des choix.