Croire en Dieu devrait-il m'empêcher de réfléchir ? : croire pour comprendre

Nous sous-estimons souvent le rôle du sacré dans l'espace
public. L'adulation des foules de certaines idoles, qu'elles
soient vedettes du petit ou du grand écran, agitateurs populistes
ou chanteurs populaires, relève bien d'une effervescence
religieuse. Socialisme, nationalisme, communisme,
capitalisme sont également teintés de religiosité. Les liturgies
nazies de Nuremberg, l'idolâtrie de Marx, Lénine ou Mao, la
sacralisation du marché économique, le Lincoln Memorial à
Washington ou le site du World Trade Center sont autant de
reliquats du religieux.
Il existe donc une sacralité tout à fait profane au coeur de
nos sociétés laïques occidentales. Nos valeurs proviennent
du christianisme et notre patrimoine culturel fait référence
à la tradition judéo-chrétienne. De surcroît, comme jadis au
Moyen-Âge, la croissance de l'islam en France nous inquiète
et vient bousculer nos coutumes et notre façon de voir le
monde. Qu'on le veuille ou non, les trois monothéismes sont
bel et bien présents sur le territoire français et leur idéologie
respective nous interpelle. Loin de les marginaliser ou d'en
ignorer l'existence, il nous incombe de bien les comprendre
afin de favoriser un mieux-vivre ensemble. Si nous sommes
croyants, raison de plus de repenser notre foi, de la réévaluer
pour qu'elle puisse faire sens aujourd'hui dans l'univers multi-ethnique
qui nous entoure. Comme le disait saint Augustin :
«je crois pour comprendre et je comprends pour croire».