Médias et pouvoir politique au Cameroun : les journalistes face à la santé présidentielle

Dans cet essai, Norbert N. Ouendji s'intéresse aux multiples entraves à la
liberté d'expression en Afrique et dans le monde ; le Cameroun n'étant en
réalité qu'un prétexte à une étude qui puise dans les expériences de plusieurs
pays, dont la France, pour édifier le lecteur sur les questions abordées.
L'auteur nous offre notamment une vibrante ethnographie du politique et
d'utiles observations sur la culture judiciaire de son pays. On apprécie sa
capacité à varier les thèmes et à en parler avec précision, sans créer la moindre
rupture avec ses préoccupations fondamentales sur les relations entre les
journalistes et les gouvernants, principalement sur la façon dont les premiers
abordent ou traitent les informations relatives à l'état physique et/ou psychologique
des seconds.
L'emprisonnement, en 1997, de Pius N. Njawé, directeur de publication du
journal Le Messager , pour propagation de fausses nouvelles sur la santé du
président camerounais - M. Paul Biya - constitue le point de départ de sa
réflexion. Cette publication, un des symboles de la presse indépendante du
continent et victime régulière de la répression d'Etat, avait évoqué un probable
malaise cardiaque du chef de l'Etat. C'est en explorant le contexte très
particulier de cette affaire que l'auteur, rédacteur en chef adjoint du
Messager et correspondant de plusieurs agences internationales de presse
lors des faits, propose de revisiter les manifestations de cette pathologie et
décrit la situation rocambolesque des médias et la pratique journalistique en
Afrique subsaharienne.